LE MONUMENT D'ABBEVILLE

ABBEVILLE vue générale
ABBEVILLE vue générale





Le 12 janvier 1921, la municipalité d’Abbeville lance un concours, réservé exclusivement aux architectes et sculpteurs picards, « pour le monument à élever à la gloire des enfants d’Abbeville morts pour la patrie pendant la Grande Guerre ».

 

L’architecte Dingeon, Paul Beaugrand  pour l’ornementation du socle et la gravure des noms et le sculpteur abbevillois Louis Leclabart, pour le groupe sculpté, remportent le concours dès le premier tour par 11 voix sur 16.


 

 

 



 

Le monument "Les Patrouilleurs", en pierre de Lavoux, représente une scène de la guerre des tranchées  :

 

« Trois Poilus, « un ancien » le chef de la patrouille, un poilu, classe 1915, déjà aguerri et un jeune « bleu » qui n’a pas encore reçu le baptême du feu, ont été envoyés en reconnaissance. Dissimulés derrière un buisson, ils voient soudain les Allemands surgir devant eux. Ils sortent de leur cachette … » (Le Progrès de la Somme)

 


 

 

 

 

Les contemporains furent sensibles au réalisme des œuvres de Leclabart. La raison en est simple :

 

[Ses] quatre années passées dans la fournaise, parmi les poilus, expliquent aisément … l’exactitude de tous les petits détails, du vêtement, de l’équipement, des armes, de l’attitude elle-même ». (l’Echo du Vimeu du 7 mai 1921 à propos de l’inauguration du monument d’Arry).

 

Louis Leclabart fut en effet mobilisé de 1914 à 1918, période pendant laquelle il exécuta de nombreux dessins à la mine de plomb.  Jugement valable pour toutes les autres œuvres du sculpteur dont celle des Patrouilleurs.

 

 

Financé par une souscription publique et les dons recueillis par 50 dames quêteuses, le monument,  dont la dépense s’éleva à 90000 francs (environ 90000 euros), fut inauguré le 3 juin 1923 par le maréchal Foch.

 

« Notre Memorial Day, à nous Abbevillois, s’est déroulé avec toute la solennité grandiose et la sereine gravité qui convenaient à une telle manifestation …Tout au long du parcours la ville avait bien fait les choses. Les mâts supportant des faisceaux de drapeaux et des oriflammes étaient reliés entre eux par des guirlandes de flammes multicolores flottant au vent. » (Le Pilote de la Somme du 5 juin).

 

 

Après une cérémonie au cimetière anglais, le cortège officiel se rend, place du Bois où s’élève le monument aux morts.

 

 «  Au-dessus de la place où sont installés les officiels, un avion « de l’école du Crotoy survole un instant le monument et jette à plusieurs reprises des fleurs, saluant ainsi, d’un geste émouvant, la mémoire des héros dont les noms sont gravés sur le socle … Puis le voile de la statue tombe et le groupe martial des trois poilus sortant de leur abri apparait à la foule qui applaudit. »

 

 

Le maréchal Foch descend de la tribune pour aller déposer un coffret contenant le parchemin sur lequel sont inscrits les 768 noms des enfants d’Abbeville, exclusivement ceux des Officiers, Sous-officiers et Soldats Abbevillois morts pour la France comme le stipulait un arrêté du maire.

 

 

Après de nombreux discours, dont celui du maréchal, le maire d’Abbeville, dans son allocution, félicite le sculpteur :

 

« qui a si bien fait parler la pierre et si admirablement traduit la pensée de tous. Son monument est magnifique, il vit ; c’est bien l’enseignement de la Guerre ; la patrouille c’est le symbole de la vigilance. Ces trois patrouilleurs-là nous crient : méfiez-vous, prenez garde, ne soyez jamais plus les dupes de vos illusions, de votre générosité, de votre esprit chevaleresque. »

 

 

 

A la fin de cette grandiose cérémonie, les sociétés défilent et déposent au pied du monument des fleurs et des couronnes à profusion.

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