LE MONUMENT DE MONTDIDIER

 

 

En octobre 1922, le comité chargé de l’érection du monument aux Morts, organisa un concours ouvert aux architectes, ingénieurs, artistes et sculpteurs et doté de trois prix.

 

32 projets furent présentés et examinés. Le premier prix revint aux architectes parisiens André Japy et Albert Tord, le deuxième au sculpteur Ladmiral et le troisième à Georges Roty, statuaire, auteur du monument aux morts d´Harbonnières. 

 

Le choix du comité fut ratifié par le conseil municipal le 10 août, avec avis favorable de la commission départementale d'examen des monuments aux morts.

 



Voici ce qu'en dit un lecteur dans le Progrès de la Somme du 16 novembre 1922 :

 

"La qualité capitale du projet classé premier est d'avoir cherché à mettre en pleine lumière et tous à la même place d'honneur, sur la face du monument, les noms des enfants de Montdidier tués à l'ennemi.

 

Ce projet, en effet, consiste en une fort belle plaque, sorte d'imposant tableau d'honneur, encadrés de deux soldats montant la garde et surmonté d'une pyramide portant les armes de la ville.


L'ensemble est d'une grande simplicité et de belle dimension."

 






On choisit la place de la République comme emplacement. La dépense de 38 000 francs de l'époque (environ 38 000 euros) fut couverte par le produit des souscriptions et par une subvention de la mairie.

 

Le monument présente la forme d’une imposante stèle pyramidale sur laquelle sont apposées les armes de la ville avec la devise Urbs cultissima. 

 

La croix de guerre et la légion d’honneur sur le fronton curviligne surmontent la liste des morts. Deux soldats, œuvre du sculpteur amiénois Albert Roze, représentant "Les deux générations",  se situent de part et d’autre de la pyramide que, tels des atlantes, ils semblent soutenir.

 

 

 

 

 


 

La ville fut citée à l’ordre de l’armée le 24 août 1919 comme


« vaillante cité dont la guerre a fait une martyre … [qui] a connu tour à tour les joies de la délivrance et l’horreur d’une occupation brutale … »

 

La cérémonie d’inauguration du 12 juillet 1925 revêtit un aspect doublement solennel puisque dans un premier temps la ville reçut des mains du général Debeney la croix de la légion d’honneur. C’est le général qui, en août 1918, en dégageant la ville de Montdidier, brisa l’offensive allemande.

 

Pour cette occasion la ville s’était parée de ses plus beaux atours comme le rapporte le Réveil de Montdidier du 18 juillet 1925 :

 

"… tous les habitants même ceux des quartiers où ne devait passer aucun cortège officiel, avaient fait preuve du zèle le plus remarquable et du goût le meilleur pour la décoration de leurs demeures et des voies les avoisinant.

 

Les lézardes des maisons non encore reconstruites, les matériaux indispensables aux travaux en cours, les alignements non encore définis, tout cela disparaissait sous des monceaux de verdures et de fleurs, ou se dissimulait derrière les sapins jalonnant les routes, reliées par des guirlandes, des banderoles aux couleurs nationales et alliées …"

 



Devant le président du comité qui va lire son discours

 

" le voile qui recouvre le monument est enlevé … Ce monument est dû au talent des architectes qui dans leur projet ont été guidés par cette idée de mettre à la place d’honneur les noms de tous les morts de la commune, et de les faire garder  par deux de leurs camarades. 


Ceux-ci … évoquent l’union des âges, symbolisent le geste de ce pays tout entier, dressé pour sa défense en une armée ou à côté de la claire prudence du père, se trouvait l’enthousiasme généreux du fils. "  (Le Progrès de la Somme 13 juillet 1925). 




Malgré l’absence de M. Paul Painlevé, Président du Conseil et Ministre de la Guerre, et de M. Edouard Herriot Président de la Chambre des Députés, pourtant annoncés dans le programme officiel de l’inauguration, « la fête n’en fut pas pour autant moins belle ».