LE MONUMENT DE PROYART

 

 

 

 

 

Le monument aux morts de Proyart ainsi que le terrain sur lequel il est édifié ont été offerts à la commune, en septembre 1924, par M. Edgar François, industriel, dont le fils avait été tué à la guerre. Une inscription à l'intérieur d'une des arcades en fait mention : "Monument offert à la commune de Proyart en souvenir de M. et Mme François-Normand".

 

Comme le précise une autre inscription, des dons de la commune de la ville de Cognac, marraine de guerre, ont complété cette donation.


 

 

 

 

Construit dans l'axe de la demeure des donateurs, dans le prolongement du jardin, ce monument est sans aucun doute l'ensemble le plus imposant qui ait été édifié dans le département pour rendre hommage aux morts de la Grande Guerre. Il présente la forme d'un arc de triomphe monumental sous lequel est placée la statue d'un soldat posant fièrement son pied sur un casque ennemi. Les piliers marquant l'entrée sont ornés de médailles militaires et couronnés par des casques. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet ouvrage, tel qu'on peut le voir sur leur catalogue, a été fourni clés en main par les marbreries Gourdon de Paris, pour la somme de 320 000 francs (environ 320 000 euros). 

 

 


 

 

Sur les faces latérales de l'arc, deux bas-reliefs en bronze représentent les soldats aux aguets puis à l'attaque ; deux autres bas-reliefs en calcaire symbolisent, l'un, la scène "Le Départ ", l'autre "La France reconnaissante".  

 

 

 

 

Surmontés de deux croix de guerre, les noms des morts sont gravés sur deux tables fixées sur la face antérieure. Au centre de l'arche, deux victoires ailées tiennent des couronnes de chêne et de laurier autour des armes de la ville de Proyart. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une plaque porte la date de l'inauguration : "Le général De Castelnau a inauguré ce monument le 28 septembre 1924". 

 

Pour couvrir les frais de l'inauguration, la municipalité autorisa par un arrêté la vente sur la voie publique de cartes postales, hommages et autres insignes mais "sous le strict contrôle des personnes désignées à cet effet". 


 

 

 

 

 

 

 

Le matin du 28 septembre eut lieu la bénédiction du monument, suivie par la cérémonie civile l’après-midi.

 

Gendarmes, sapeurs-pompiers, fanfare, enfants des écoles, officiels, anciens combattants et groupes allégoriques formaient le cortège qui parcourut les rues du village, ornées d’arcs de triomphe et de guirlandes de roses.

 

Devant le monument, après l’appel solennel des noms, suivirent les discours des diverses personnalités dont celui du général De Castelnau qui combattit les Allemands dans la Somme à la tête de la 2ème armée.


 

 

 

La presse locale salua avec enthousiasme cet Arc de triomphe. Ainsi le Journal d’Amiens du 25 septembre 1924 l’évoquait en ces termes :

 

« On s´est souvent plaint de la banalité et de la pauvreté artistique des monuments élevés en maints villages français à la mémoire de leurs morts de la grande guerre. C´est là un reproche qu´on ne pourra faire sans injustice au grandiose arc de triomphe édifié à Proyart ».

 

Le bas-relief de marbre représentant le « Départ » fut jugé « profondément émouvant » la scène allégorique de la « France reconnaissante » d´une exécution parfaite. Les drapés sont d´une harmonieuse élégance. La physionomie de la jeune femme qui personnifie la France est d´une sereine beauté ».

 

 

D’autres journaux consacrèrent plusieurs articles à l´inauguration de ce monument le mettant ainsi à la hauteur de ceux que l’on avait édifiés dans les grandes agglomérations du département.